Louanges à Allah
La création des malheurs
et des douleurs implique des raisons que seul Allah peut cerner complètement.
Cependant Allah a bien voulu nous en apprendre ce qui suit :
1/ Les douleurs et les
malheurs constituent un test de l’endurance du croyant comme le dit le Très
Haut : «Pensez- vous entrer au Paradis alors que vous n' avez pas encore
subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant
vous? Misère et maladie les avaient touchés; et ils furent secoués jusqu'à
ce que le Messager, et avec lui, ceux qui avaient cru, se fussent écriés:
"Quand viendra le secours d' Allah?" - Quoi! le secours d' Allah
est sûrement proche. » (Coran, 2 : 214).
2/ Ils montrent la faiblesse
de l’homme et son besoin essentiel de son Maître qui font qu’il ne peut avoir
le repos qu’en se réfugiant entre les mains de son Maître.
3 / Les malheurs
expient les péchés et élèvent les grades. Car le Prophète (bénédiction et
salut soient sur lui) a dit : « Chaque fois qu’une épine pique un
croyant, Allah lui prescrit un bienfait et le décharge d’une faute ».
(rapporté par Mouslim, 2572).
D’après Abou Hourayra,
le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Les
épreuves ne cessent de frapper les croyants et les croyantes dans leurs personnes,
leurs familles et leurs biens jusqu’à ce qu’ils soient complètement débarrassés
des péchés avant de rencontrer Allah » (rapporté par At-Tirmidhi, 2399
et déclaré authentique par Al-Albani dans as-Silsila as-Sahiha, 2280).
D’après Djabir, le Messager
d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « quand les
gens ayant subi des malheurs ici-bas recevront leur récompense dans l’au-delà,
ceux qui avaient échappé aux malheurs souhaiteront avoir eu la peau percée
avec des ciseaux » (rapporté par At-Tirmidhi, 2402). Voir as-silsila
as-sahiha, n° 2206.
4/ Les malheurs nous
apprennent à ne pas nous accrocher excessivement à la vie d’ici-bas. Sans
les malheurs, l’on vouerait à la vie présente un amour excessif qui nous ferait
oublier l’au-delà. Les malheurs mettent fin à notre inadvertance et nous incitent
à œuvrer pour une vie qui ne sera pas troublée par des malheurs et des épreuves.
5/ Les malheurs et les
épreuves nous mettent en garde contre la négligence dans certaines affaires
afin de nous permettre de nous corriger. C’est comme un avertissement adressé
à un fonctionnaire ou un étudiant défaillant pour leur permettre de se ressaisir.
S’il le font tant mieux pour eux. Autrement, ils vont être sanctionné. C’est
ce qu’indique la parole du Très Haut : « Pourquoi donc, lorsque
Notre rigueur leur vint, n' ont- ils pas imploré (la miséricorde)? Mais leurs
cœurs s' étaient endurcis et le Diable enjolivait à leurs yeux ce qu' ils
faisaient.» (Coran, 7 : 43).
Les malheurs et les épreuves
nous apprennent encore que ceux qui ne profitent pas des avertissements pour
s’amender et corriger leur conduite, seront sanctionnés comme le dit le Très
Haut : «Puis Nous les avons détruites, pour leurs péchés. » et « »
(Coran, 7:6) et : «Et quand Nous voulons détruire une cité, Nous ordonnons
à ses gens opulents (d' obéir à Nos prescriptions), mais (au contraire) ils
se livrent à la perversité. Alors la Parole prononcée contre elle se réalise,
et Nous la détruisons entièrement. » (Coran, 17 : 16).
Ibn Taymiyya (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) dit : « La tristesse peut entraîner
une attitude louable qui procure une récompense à son auteur. Dans ce cas,
ce qui est louable ce n’est pas la tristesse en soi, mais ses conséquences.
C’est comme le cas de celui qui s’attriste pour une atteinte à sa religion
ou pour les malheurs qui frappent les musulmans en général. Celui-là est récompensé
en raison de son amour pour le bien et sa haine pour le mal et l'attitude
qui découlent de tels sentiments.
En revanche, quand la
contrition entraîne l’abandon de la patience, de la lutte (pour la religion)
de la recherche du bien et du combat pour repousser le mal, elle est alors
interdite . Sinon son auteur devra se contenter de la rémission de se péchés
(sans récompense).
Ô vous qui souhaitiez
qu’Allah change les condition (de vie) sans une contrepartie de votre part
et de la part de vos semblables, comprenez donc ce qui vient d’être dit.
6/ Allah Très Haut a
dit : «Nous avons, certes, envoyé (des messagers) aux communautés avant
toi. Ensuite Nous les avons saisies par l' adversité et la détresse - peut-être
imploreront- ils (la miséricorde)! » (Coran, 6 : 42).
As-Saadi (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) dit (à propos du sens de ce verset) : nous
avons envoyé des messagers aux peuples qui vous ont précédé et à des générations
anciennes. Et ils ont démenti nos messagers et nos signes. Et nous leur avons
infligé des maux comme la pauvreté, la maladie, des atteintes et des malheurs
par pitié de notre part pour les amener à se tourner de nouveau vers Nous
en toute humilité et sous l’effet des difficultés. Allah Très Haut dit :
« La corruption est apparue sur la terre et dans la mer à cause de ce
que les gens ont accompli de leurs propres mains; afin qu' (Allah) leur fasse
goûter une partie de ce qu' ils ont œuvré; peut-être reviendront- ils (vers
Allah).» (Coran, 30 : 41) c’est-à-dire qu’il y a détérioration des moyens
de substitution et apparition de sinistres sur terre et en mer doublées de
maladies, de catastrophes etc., à cause des mauvaises actions des gens.
Ces croyances leur font
goûter une partie des implications de leurs actions. Cela leur permet de savoir
qu’Allah réserve à toute action une récompense (appropriée). Aussi leur a
-t-Il donné ici-bas un avant goût de la récompense qui les attend afin qu’ils
cessent les actions qui leur ont attiré ces conséquences là de sorte à se
corriger et retrouver une conduite droite.
Qu’est Transcendant Celui
qui par l’épreuve apporte du bien et par le châtiment accorde la grâce !
S’il traitait les gens en fonction de tout ce qu’ils font ici-bas, Il n’aurait
rien laissé aucune âme sur terre.
7/ Les pratiques cultuelles
faites en dépit des épreuves et des troubles ont une saveur particulière et
génèrent une récompense spéciale.
D’après Maaqal ibn Yassar,
le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Le
maintien de la pratique cultuelle en période troublée équivaut à émigrer pour
me rejoindre » (rapporté par Mouslim, 2948).
Selon An-Nawawi, les propos
du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) : le maintien
de la pratique cultuelle en période troublée équivaut à émigrer pour me rejoindre »
renvoient à une situation marquée par des troubles et la confusion, dans laquelle
le maintien de la pratique cultuelle est d’autant plus méritoire que beaucoup
de gens s’en détournent parce qu’affolés et que seules des individus y restant
exclusivement attachés.
Selon al-Qurtoubi, des
troubles et difficultés extrêmes entraîneront un manque d’intérêt pour la
religion et fera que l’on ne s’en occupe que rarement, contrairement aux affaires
profanes liées au gagne pain personnel. Dans une telle situation, le maintien
des pratiques cultuelle revêt une grande importance. C’est le sens de ce hadith
de Maaqal ibn Yassar cité par Mouslim : « maintien de la pratique
cultuelle en période troublée équivaut à émigrer pour me rejoindre ».
8/ L’acquisition d’un
bienfait au bout d’une expérience douloureuse marquée par des difficultés
et des épreuves rend le bénéficiaire plus conscient de la valeur du bienfait.
C’est ainsi que l’homme réalise l’importance des bienfaits que représentent
la santé et la sécurité et les apprécie justement.
Les malheurs rappellent
à l’homme les bienfaits du Très Haut dont il jouit. L’individu voyant, par
exemple, peut ne pas apprécier le bienfait qui consiste à être voyant… Mais
si Allah lui inflige une épreuve entraînant une perte réversible de la vue
et la lui rend, il réalise alors pleinement l’importance de ce bienfait. La
longue jouissance des bienfaits peut faire perdre la conscience de leur importance,
ce qui empêche le fidèle d’en être reconnaissant et fait qu’Allah l'en prive
pour un temps avant de les lui donner pour le rendre reconnaissant.
Mieux, les malheurs rappellent
à celui qu’ils frappent et à d’autres les bienfaits d’Allah Très Haut. Quand
on voit un fou, on apprécie le bienfait que représente le fait de jouir de
la raison. Quand on voit un malade, on apprécie le bienfait que représente
le fait d’être bien portant. Quand n voit un mécréant qui vit comme un animal,
on apprécie le bienfait que représente le fait d’avoir la foi. Quand on voit
un ignorant, on apprécie le bien que représente le fait d’être instruit. C’est
du moins la réaction de tout homme conscient et vigilant. Quant aux inconscients,
ils ne reconnaissent pas les bienfaits d’Allah ; ils les nient et se
considèrent comme supérieurs aux autres créatures d’Allah.
9/ Le malheur arrache
l’homme à l’inadvertance et le rend conscient de sa négligence du droit d’Allah
Très Haut de sorte à ne pas s’attribuer une (fausse) perfection qui durcisse
le cœur et favorise l’inattention. A ce propos le Très Haut dit : «Pourquoi
donc, lorsque Notre rigueur leur vint, n' ont- ils pas imploré (la miséricorde)?
Mais leurs cœurs s' étaient endurcis et le Diable enjolivait à leurs yeux
ce qu' ils faisaient. » (Coran, 6 : 43
10/ Les malheurs et les
difficultés ont une fonction d’épuration. Les difficultés dévoilent la véritable
nature des gens ; elles permettent de distinguer le bon du mauvais, le
véridique du menteur et le croyant de l’hypocrite. L’Auguste créateur dit
à propos de la guerre engagée à Uhud et de ce que les musulmans en ont subi,
pour bien expliquer un des aspects de ces épreuves : «Allah n' est point
tel qu' Il laisse les croyants dans l' état où vous êtes jusqu'à ce qu' Il
distingue le mauvais du bon. Et Allah n' est point tel qu' Il vous dévoile
l' Inconnaissable. Mais Allah choisit parmi Ses messagers qui Il veut. Croyez
donc en Allah et en Ses messagers. Et si vous avez la foi et la piété, vous
aurez alors une récompense énorme. » (Coran, 3:179 ).
C’est ainsi que chacun
laisse découvrir sa véritable nature.
« Puisse Allah
récompenser les difficultés par le bien,
même si elles m’étouffent
« Si j’en remercie
(Allah) c’est qu’elles m’ont permis
de distinguer mes amis
de mes ennemis ».
11/ Les malheurs poussent
les musulmans à œuvrer au profit des victimes musulmans (des catastrophes).
Ce qui leur procurera une récompense. À ce propos, le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) dit : « Dans les sentiments d’affection,
de compassion et se solidarité qui les animent, les musulmans devraient être
comme un seul corps dont les organes partagent insomnie et fièvre » (rapporté
par Al-Boukhari, 6011 et par Mouslim, 2586). Le Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui) a dit encore : « Aucun d’entre vous ne croira aussi
longtemps qu’il n’aimera pas pour son prochain ce qu’il aime pour lui-même »
(rapporté par al-Boukhari, 13 et par Mouslim, 45).
12/ C’est pendant les
difficultés et les grèves qu’apparaissent les effets de l’application de la
parole du Très Haut : «entre aidez-vous dans la piété et la bienfaisance ».
Un des aspects de la coopération en question dans le domaine de l’appel à
l’Islam et du renforcement de la religion consiste à se battre sur le chemin
d’Allah contre les mécréants et les hypocrites et à permettre aux porteurs
de l’appel islamique de participer au combat livré aux mécréants et aux égarés
et à préparer tous moyens nécessaires à la bonne conduite du djihad
dans le chemin d’Allah.
Un des aspects de la coopération
pour consolider la religion à l’époque du Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) consistait à œuvrer ensemble pour liquider les faux prophètes et
les chefs de fil des polythéistes et les apostasiés parmi lesquels figurent
ceux qui insultaient le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui).