Louange à Allah
Tout ce qu’Allah et
son messager ont dit est vrai. En effet, « law » s’emploie de deux
manières. Dans la première, elle exprime tristesse et chagrin inspirés par
le déroulement du destin. Voilà ce qui est interdit en vertu de la parole
du Très Haut : «ô les croyants! Ne soyez pas comme ces mécréants qui
dirent à propos de leurs frères partis en voyage ou pour combattre "S'
ils étaient chez nous, ils ne seraient pas morts, et ils n' auraient pas été
tués . » (Coran, 3 :156 ). Voilà ce qu’interdit le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) quand il a dit : « Si une
chose (malheureuse) t’atteint ne dis pas : « Si seulement, j’avais
fait ceci on cela ». mais dis : « Allah a décrété et fait ce
qu’Il a voulu. C’est-à-dire que cela inspire tristesse et chagrin, et cause
nuisance et n’apporte rien d’utile. Bien au contraire, sache que ce qui t’atteint
n’aurait pu te rater et ce qui t’a épargné n’aurait pu t’atteindre comme le
dit le Très Haut : «Nul malheur n' atteint (l' homme) que par la permission
d' Allah. Et quiconque croit en Allah, (Allah) guide son cœur. Allah est Omniscient. »
(Coran, 64 :11 ). Ils (les exégètes) disent que ce verset concerne l’homme
qu’un malheur atteint et qui reste satisfait et soumis parce que sachant que
cela provient d’Allah.
La deuxième manière
consiste à employer « law » pour enseigner un savoir utile. C’est
le cas dans ce verset : «S' il y avait dans le ciel et la terre des divinités
autres qu' Allah, tous deux seraient certes dans le désordre.» (Coran, 22 :22
) ou pour expliquer (l’importance) d’aimer le bien et le vouloir. Ce qui est
le cas dans des propos comme : « Si je disposais d’une fortune égale
à celle d’Un tel, je ferais comme lui ». Ceci est bien permis. Les propos
du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) : « Si seulement
Moïse avait su être patient pour qu’Allah nous eût raconté leur affaire »
relève de ce chapitre. C’est comme la parole du Très Haut : « ils
souhaitent que tu adoucisses (ta position à leur égard) afin qu’ils puissent
en faire de même. En effet, notre Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui) a aimé qu’Allah eût raconté l’intégralité du récit. Il n’a donc employé
« law » que pour exprimer son amour pour la patience qui l’aurait
entraîné. Il a fait connaître ce qui
est utile, mais n’entendait pas exprimé la tristesse ou le chagrin et ne voulait
surtout pas manquer au devoir de rester ferme devant le destin. Allah le sait
mieux.
Madjmou fatawa al-koubra d’Ibn Taymiyya, 1033.