Louanges à Allah
Premièrement, on a déjà abordé l'interdiction du tabac et
expliqué les raisons de cette interdiction dans les réponses données à la question n°
9083 et la question
n° 10922.
Nul ne devrait remettre en cause l'appartenance du tabac
aux mauvaises substances car son odeur est mauvaise, ses effets sur le fumeur
et son environnement sont mauvais. Tous
les médecins sont d'avis que le tabac nuit au corps. Or tout ce qui a un tel
effet appartient aux choses mauvaises. Parmi les qualités du Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) figure sa venue pour rendre licite tout
ce qui est bon et illicite tout ce qui est mauvais.
Cheikh Abdourrahmane Saadi
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: « Le Le
Très hautdit à son Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui): «Ils t'interrogent au sujet de ce qui leur a été rendu licite»
(en matière alimentaire) » Dis leur: les bons aliments vous sont rendus licite».
Il s'agit alors de tout ce qui est utile, délicieux et sans nocivité pour le
corps ou l'esprit. Ce qui englobe toutes les céréales et les fruits domestiques
et exotiques ainsi que tous les animaux terrestres et marins, hormis ce dont le
Législateur a fait une exception comme les bêtes féroces et les (animaux)
répugnants.
Voilà pourquoi le sens qui se dégage du verset indique
l'interdiction des choses mauvaises comme l'indique clairement la parole du
Très haut: «Il leur rend licite les bons (aliments) et illicite les mauvais
(aliments).» Extrait de Tafsir de Saadi, p. 221. De nombreuses fatwa ont été
émises par les ulémas sur l'interdiction du tabac.
Les ulémas de la Commission Permanente pour la
Consultance ont dit: «La consommation du tabac est interdite parce qu'elle
porte atteinte à la santé et que le tabac fait partie des mauvaises substances
et que l'acte relève du gaspillage. Or le Le Très hauta dit: «Il leur rend illicite les mauvais (aliments)».
Signé: Cheikh Muhammad ibn Ibrahim Al Cheikh, Cheikh Abdourrazzaq Afifi et Cheikh Abdoullah al-Ghoudayyan
Fatwa de la
Commission Permanente pour la Consultance (22/178-179).
Ils ont dit encore: «la consommation du tabac est
interdite parce qu'il fait partie des mauvaises substances. Or Allah et Son
Messager ont interdit les mauvaises substances. Le Le
Très hautdit dans sa description du Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui): «Il leur rend licite les bons (aliments)
et illicite les mauvais (aliments).»
Signé: Cheikh Abdourrazzaq Afifi et Cheikh Abdoullah al-Ghoudayyan et Cheikh Abdoullah
ibn Manii'
Fatwa de la
Commission Permanente pour la Consultance (22/179-180). Ceci indique
clairement que le fait de tirer de la parole du Très haut: «Il leur rend illicite
les mauvais (aliments)» un argument pour soutenir l'interdiction du tabac est
une juste déduction.
On ne saurait contester la nocivité du tabac pour le
fumeur voire pour son voisin qu'il enfume. Or la règle religieuse stipule que
tout qui s'avère nocif doit être interdit.»
Cheikh Muhammad ibn Salih al-Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde).
Voici des arguments tirés du Coran et de la Sunna qui indiquent l'interdiction
de toute source de nocivité. Dans le Coran, le Le
Très hautdit: «Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la
destruction» (Coran,2:195).
Le Puissant et Majestueux dit encore: «Et ne vous tuez pas vous-mêmes» (Coran,4:29). Interdire de
tuer une âme revient à interdire ses causes car tout ce qui entraîne une
nuisance est interdit.
Le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit: «
Ni préjudice à subir ni dommage à infliger». On pourrait encore tirer un
argument de la parole du Très haut: «si vous êtes malades, ou en voyage, ou si l'un de
vous revient du lieu ou' il a fait ses besoins ou si vous avez touché aux
femmes et que vous ne trouviez pas d'eau, alors recourez à la terre pure» (Coran,5:6). Ceci s'explique
comme suit: Allah Le Très haut a prescrit au malade le recours à la
purification à l'aide du sable pour le mettre à l'abri de la nuisance. Il le
fait passer de l'usage de l'eau qui pourrait lui porter atteinte en cas de froid
et de maladie et consort à l'usage du sable.» Extrait de Charh
al-moult'ii (15/12-13). Il est aujourd'hui
incontestable que le tabac est nocif.
Cheikh al-Outhaymine (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «Il en est de même du tabac qui est
intrinsèquement nocif. Sa nocivité fait l'objet d'un consensus au sein des
médecins de nos jours. Aucun d'entre eux ne la conteste en raison des
ingrédients toxiques qui entrent dans sa composition et qui altèrent le sang.»
Extrait de Charh al-moult'ii
(15/10).
Deuxièmement, s'agissant de l'exemple donné par celui qui
discutait avec vous et qui consiste à citer des aliments et des boissons
licites qui, pris avec excès , peuvent être nocifs, il
constitue un argument inexact car lesdits aliments sont licites et utiles en
principe et leur nocivité ne peut se présenter que dans certains cas, comme
celui d'un abus. La règle susmentionnée qui stipule que tout ce qui est nocif
est interdit s'applique aussi dans ce cas car il n'est permis à personne de commettre un excès dans la consommation de
l'eau ou de dattes, par exemple, au point de porter atteinte
à soi-même.
Cheikh Muhammad ibn Salih al-Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
dit: «Ce qui nocif en cas de cumul se concrétise dans l'incompatibilité entre deux aliments qui porte atteinte à leur
consommateur alors que la consommation de l'un des aliment séparément ne lui
nuit pas. Le régime relève de ce chapitre. Quand on interdit un type d'aliment
à un malade en raison de sa nocivité pour lui, la consommation de l'aliment
devient interdite pour lui.»
Cheikh al-islam (Puisse Allah
lui accorder sa miséricorde) dit: «Si on craint que la consommation d'un met
soit nocive ou provoque l'indigestion,
il est interdit de la consommer.» Si quelqu'un dit: «Si je me remplis le ventre
de cette nourriture , j'aurais besoin de l'eau et si
je prends de l'eau, je pourrais marcher à peine et cela me ferait mal. Si je
m'assoyais, cela me ferait mal. Si je m'inclinais, cela me ferait mal. Si je me
couchais sur le dos, cela me ferait mal. Si je me couchais sur le ventre cela
me ferait mal..» Dans un tel cas, Cheikh al-islam
dit: «En cas de crainte d'une nuisance, il est interdit de manger.» Ce que ce
Cheikh (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit est exact car il n'est
pas permis à quelqu'un de consommer un aliment pouvant lui porter atteinte ni
porter un vêtement pouvant lui nuire ni s'asseoir sur un objet pouvant lui être nuisible. C'est si vrai que
quand la prosternation sur du sable surchauffé était insupportable pour les Compagnons,
ils étendaient leurs vêtements et se prosternaient dessus pour se protéger et
pour rester tranquilles dans leurs prières.
Ce que Cheikh al-islam a
mentionné à propos de la crainte de la nuisance et de l'indigestion concerne un
mal provenant d'un facteur externe qui est l'excès. L'aliment lui-même n'est
pas nocif mais la nocivité provient d'un excès dans sa consommation. L'effet
négatif de celle-ci peut ne pas se manifester (immédiatement) mais il me parait
que du point de vue médical le mal est déjà là car l'estomac souffre et éprouve
de la fatigue chaque fois qu'il est trop rempli.
Il est dit qu'il fait partie des choses destructrices
l'accumulation des mets. Si cela s'avère exact, il devient interdit car Allah
dit ; «Et ne vous tuez pas vous-mêmes» (Coran,4:29). Il n'est pas exclut que cela soit exact puisque
l'expérience le prouve.» Extrait de Charh al-moumtii (15/9-11).
Ce Cheikh (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit
encore: « Si on disait à un diabétique: ne consommes pas de dattes ni de bon
bons, ces aliments lui deviennent interdits puisqu'ils lui portent atteinte et
il doit les éviter même s'ils restent licites pour les autres.» Liqaat al-bab al-maftouh,229/ question n° 2.
Ceci montre l'erreur dans le raisonnement par analogie
utilisé par votre compagnons qui assimile les denrées
licite au tabac interdit.
Allah le sait mieux.