Louanges à Allah
Premièrement, la femme a le droit de réclamer le divorce
quand son mari insiste à perpétuer des actes ruineux comme la consommation du
vin ou de la drogue. Si le mari refuse de divorcer, elle peut porter l'affaire
devant un cadi pour qu'il amène le mari à consentir au divorce ou le prononce
lui-même. A défaut d'un cadi, la femme peut porter l'affaire à l'institution
islamique locale comme le centre islamique pour qu'on essaye de convaincre le
mari à divorcer ou l'invite à procéder à la dissolution du mariage. On peut
plus tard enregistrer ce divorce auprès du tribunal, vu la nécessité
d'enregistrer un tel acte.
Deuxièmement, si vous avez porté l'affaire à un tribunal
qui a obligé le mari à prononcer le divorce ou à l'écrire, le divorce devient
effectif. S'il ne l'a pas prononcé ni écrit avec l'intention de le rendre effectif et si ,
en dépit de cela le tribunal casse le mariage, le divorce décidé par un non
musulman ne compte pas.
Les jurisconsultes sont tous d'avis que le cadi qui
tranche les affaires qui opposent des musulmans doit être lui-même musulman car
le fait de juger revient à exercer une tutelle sur les justiciables or un non
musulman ne peut exercer aucune tutelle sur un musulman.
Ibn Farhoun (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
dit: «Al-Quadi Iyadh (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «les
conditions sine qua non de l'exercice de la magistrature et de l'existence et
de la pérennité d'une tutelle sont au nombre de dix: être musulman, jouir de
ses facultés mentales, être de sexe masculin, être libre, être majeur, être
juste, être instruit, être seul, avoir les sens de l'audition, de la vue
intacts et avoir la capacité de parler. Les huit premières conditions comptent
pour la validité de l'exercice. Les trois dernières ne constituent pas des
conditions pour la validité de l'exercice mais quand ils font défaut à un cadi,
il doit être destitué. Le non musulman et le fou sont exclus de l'avis de tous.»
Extrait de Tabsiratoul ahkam (1/26). Voir l'encyclopédie juridique
(33/295).
Le communiqué final de la deuxième conférence de
l'Académie de Jurisprudence en Amérique, tenu à Copenhague au Danemark par la
Ligue Islamique Mondiale du 22 au 25 juin 2004 précise: «il est permis à titre
de dispense de faire appel à la justice
positive quand elle s'avère le seul moyen d'obtenir un droit ou de se défendre
contre une injustice dans un pays où la charia n'est pas appliquée, à condition
de s'en référer auparavant aux connaisseurs de la charia pour préciser le
jugement religieux à appliquer dans le cas en question et se contenter d'en
demander l'application.»
On trouve dans le même communiqué: «VIIe axe:
dans quelle mesure il est possible de compter sur le divorce civil décidé par
les tribunaux non musulmans…La résolution explique que quand un homme répudie
sa femme conformément à la charia, il n' a aucun inconvénient à l'enregistrer
auprès d’tribunal civil. Mais s'il y a un contentieux entre les deux époux à
propos du divorce, le centre islamique doit tenir lieu de la justice religieuse
là où celle-ci ne fonctionne pas, quitte à suivre la procédure judiciaire
requise. Le recours à la justice civile pour mettre fin légalement au mariage
ne suffit pas à lui seul pour casser le lien conjugal du point de vue
religieux. Quand une femme obtient le divorce civil, elle doit se présenter au
centre islamique et solliciter des gens compétents et bien instruits en droit
musulman pour terminer l'affaire conformément à la charia. Il n'est aucunement
juste d'évoquer la contrainte dans un tel cas car les centres islamiques sont
présents partout et il est facile d' y avoir accès dans les différentes
régions.»
Cela étant, vous avez à vous adresser au centre islamique
de votre pays pour que ses responsables
examinent votre cas.
Troisièmement, quand une femme reçoit une première ou
deuxième répudiation et voit expirer son délai de viduité, il lui est permis de
se remarier à la faveur d'un nouveau contrat et d'une nouvelle dot en la
présence de son tuteur et de témoins. Quant elle fait l'objet de trois
répudiations, il n'est plus permis à son ex-mari de la ré épouser avant qu'elle ne se lie avec un autre dans le
cadre d'un mariage contacté par désir et non par la simple volonté de légaliser
son retour au premier mari. Elle doit attendre de se séparer du deuxième mari
soit par la mort ou par le divorce.
Allah le sait mieux.