Louanges à Allah
En principe, il n’est
pas permis au musulman de résider chez les polythéistes selon des arguments
tirés du livre, de la Sunna et du raisonnement sain. En effet, Allah Très
Haut dit dans Son livre : « Ceux qui ont fait du tort à eux-mêmes,
les Anges enlèveront leurs âmes en disant: "Où en étiez- vous?"
(à propos de votre religion) - "Nous étions impuissants sur terre",
dirent- ils. Alors les Anges diront: "La terre d' Allah n' était- elle
pas assez vaste pour vous permettre d' émigrer?" Voilà bien ceux dont
le refuge est l' Enfer. Et quelle mauvaise destination!» (Coran, 4 :
97). Quant à la Sunna, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) y
dit : « Je désavoue tout musulman qui persiste à séjourner au sein
des polythéistes » (rapporté par Abou Dawoud, 2645 et déclaré authentique
par al-Albani dans Sahihi Abi Dawoud.
Le raisonnement juste
implique que le musulman résidant au sein des polythéistes ne peut pas observer
une bonne partie des rites de l’Islam et de ses pratiques cultuelles extérieures
et qu’un tel séjour expose le résidant à des tentations dans des pays où sévit
un libertinage protégé par les lois en vigueur… Or un musulman n’a pas à s’exposer
à des tentations et à des épreuves.
Ce qui vient d’être dit
est fondé sur un examen des arguments tirés du Livre et de la Sunna qui ne
tient aucun compte des réalités respectives des pays musulmans et non musulmans.
Si nous devons tenir compte des réalités des pays musulmans, nous ne pouvons
être d’accord avec l’auteur de la présente question quand il dit : « les
pays musulmans ne se distinguent pas considérablement des autres pays par
rapport à l’observance des pratiques musulmanes».
Cette généralisation est
inexacte. Les pays musulmans ne sont pas à loger au même enseigne quand il
s’agit de mesurer le degré de leur acceptation ou de leur rejet des lois musulmanes.
Il y a des disparités entre les pays voire au sein d’un même pays entre les
régions, départements et villes. Les pays des mécréants non plus ne connaissent
pas tous le même degré de libertinage et de débauche ; il y a bel et
bien des disparités entre eux. Etant donné les disparités existant entre les
pays musulmans d’une part et entre eux et les pays des mécréants, d’autre
part ; et étant donné le fait que le musulman ne peut pas se rendre dans
n’importe quel pays musulman et y séjourner (en raison de l’existence de lois
restrictives régissant l’obtention des visa et du droit de séjour, etc. étant
donné enfin le fait que le musulman peut ne pas être en mesure de pratiquer
sa religion dans certains pays musulmans alors qu’il peut bien le faire pleinement
ou partiellement dans certains pays mécréants, étant donné tout cela, il n’est
pas possible d’émettre un jugement applicable à tous les pays et à toutes
les personnes. Il faut plutôt dire que tout musulman représente un cas particulier
à apprécier à part. Chacun se connaît soi-même mieux que quiconque. Si l’on
sait qu’on peut vivre sa religion dans les pays musulmans qui lui sont ouverts
mieux qu’on pourrait le faire dans les pays des mécréants, il n’est pas permis
alors de séjourner dans ces derniers pays. Dans le cas contraire, on peut
y résider pourvu de se mettre à l’abri des tentations charnelles en utilisant
les moyens de protection légaux. Voici des propos des ulémas qui corroborent
ce que nous avons avancé : Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder
Sa miséricorde), interrogé sur cette question, dit : « cette question
relève des plus difficiles en ce moment-là, comme nous l’avons déjà dit, parce
que certains des musulmans résidant dans les pays des mécréants seraient persécutés,
torturés et subiraient des épreuves pour les détourner de leur religion, s’ils
rentraient chez eux, alors qu’en restant en pays non musulmans ils sont à
l’abri de tout cela. Si nous leur disons : il vous est interdit de séjourner
dans ces pays-là, où seraient les pays musulmans qui les accueilleraient et
leur permettraient de séjourner sur son territoire ?
Voilà le sens de son
propos (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde).
Zakaria al-Ansari ach-Chafii
dit dans son ouvrage intitulé : Asna al-matalib (4/207) dit :
« Il faut quitter l’habitat des mécréants pour s’installer au sein des
musulmans si l’on n’est pas en mesure de manifester sa foi chez les premiers ».
Ibn
al-Arabi al-Malki dit : « l’Hégire consiste à quitter le territoire
en guerre (potentiellement) pour s’installer en territoire musulman. Ce déplacement
était obligatoire du vivant du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui)
et l’a demeuré après lui pour celui qui craint sur sa sécurité ». Extrait
de Nayl al-Awtar de Chawkani (8/33).
Al-Hafiz ibn Hadjar,
commentant les propos du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) cités
plus haut : « Je désavoue tout musulman qui persiste à séjourner
au sein des polythéistes » dit : ceci concerne celui qui n’est pas
en sécurité par rapport à sa foi » Fateh al-Bari, commentaire
du hadith n° 2825.
On lit dans al-mawsou’a
al-friqhiyya (20/206) ceci : le territoire de guerre est toute localité
régie par des lois fondées sur une mécréante sans ambages. Parmi les dispositions
applicables à ce territoire figure l’émigration. Par rapport à l’attitude
à observer vis-à-vis de l’hégire à partir du territoire, les gens sont classés
en trois groupes :
a – Celui qui doit obligatoirement
procéder à l’émigration. Celui qui peut le faire tout en étant pas en mesure
de manifester sa religion dans son lieu de résidence. Si l’intéressé est une
femme sans accompagnateur légal (mahram) si elle peut voyager dans
des conditions sûres ou si les risques inhérents au manque de sécurité sur
la route sont moins graves que ceux liés au séjour en territoire de guerre,
elle doit partir…
b – Celui qui ne doit
pas y procéder. Celui qui en est incapable parce que malade, on contraint
à rester sur place ou faibles comme les femmes et les enfants. C’est à ce
propos que le Très Haut dit : «ہ
l' exception des impuissants: hommes, femmes et enfants, incapables de se
débrouiller, et qui ne trouvent aucune voie: » (Coran, 4 :98 ).
c – Celui auquel l’émigration
est simplement recommandée mais pas obligatoire. C’est celui qui peut émigrer
bien qu’étant en mesure de pratiquer sa religion publiquement en territoire
de guerre. Il est recommandé à celui-là de partir afin de pouvoir participer
au djihad et d’augmenter le nombre des musulmans.
Dans les Fatwa
de la Commission Permanente (12/50) on lit ceci : on peut émigrer d’un
pays polythéiste vers un pays jouissant d’une situation (religieuse) moins
mauvaise, moins dangereuse pour le musulman. C’est le cas de certains musulmans
qui avaient quitté La Mecque suivant un ordre du Prophète (bénédiction et
salut soient sur lui) pour s’installer en Abyssinie.
Nous demandons à Allah
d’améliorer les conditions (d’existence) des musulmans.