Louange à Allah
Il ressort des propos
des ulémas (Puisse Allah leur accorder Sa miséricorde) qu’il existe six types
de rasages :
Le premier est celui
fait dans le cadre d’un acte cultuel destiné à se rapprocher à Allah et qui
entraîne une récompense. C’est le cas dans les quatre situations que voici :
1/ Le pèlerinage
2/ La Umra
(pèlerinage mineur)
A ce propos le Très
Haut a dit : « Allah a été véridique en la vision par laquelle Il
annonça à Son messager en toute vérité: vous entrerez dans la Mosquée Sacrée
si Allah veut, en toute sécurité, ayant rasé vos têtes ou coupé vos cheveux.»
(Coran, 48 : 27)
3/ Le rasage de la tête
du bébé au 7e jour de sa naissance fondé sur ce hadith rapporté
par at-Tirmidhi (1439) selon lequel Ali ibn Abi
Talib (P.A.a) a dit : « En baptisant
Hassan, le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a fait égorger
un mouton et dit : ô Fatima ! Rase-lui la tête et fais une aumône
constituée d’une quantité d’argent, d’un poids égale à celui des cheveux rasés »
(déclaré « beau » par Al-Albani dans Sahih d’at-Tirmidhi, 1226).
Voir Tuhfat al-mawdoud
d’Ibn al-Quayyim, p. 217.
4/ A la conversion d’un
mécréant
Abou Dawud
a rapporté (356) que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a donné
à un mécréant qui venait de se convertir à l’Islam cet ordre : « ôtes-toi
des cheveux de la mécréance et circoncis-toi » (déclaré « beau »
par al-Albani dans le Sahih d’Abou Dawoud). Voir
al-Moughni, 1/276 et Sharh
al-Umda par Cheikh al-Islam, 1/350.
Les ulémas sont unanimes
à soutenir qu’il n’est pas recommandé de se raser la tête en dehors de ces
quatre situations. Voir al-istiqama par Cheikh
al-Islam, 1/256.
Le deuxième type de
rasage
Il relève de l’associanisme.
C’est-à-dire que l’acte de se raser la tête représente dans ce cas une manière
d’associer à Allah, le Puissant et Majestueux d’autres « divinités ».
C’est le cas de celui qui se rase la tête en guise de soumission à l’endroit
d’un autre qu’Allah le Très Haut. Ibn al-Qayyim
(puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit dans Zad
al-Maad, 4/159 : « C’est le cas des
adeptes soufi qui le font pour leurs maîtres. L’un d’eux dit, par exemple :
« Je me suis rasé la tête pour Un tel et toi tu l’as fait pour Un tel ».
C’est comme si l’on disait : je me suis prosterné pour vénérer Un tel.
Le rasage de la tête est une expression de l’humilité, de la soumission et
de l’adoration. c’est pourquoi il fait partie des rites du pèlerinage. Il
s’agit alors de mettre son toupet entre les mains de son maître en signe de
vénération et de soumission à Sa puissance. C’est une des meilleures expressions
de la servitude. C’est pourquoi quand les arabes voulaient humilier un prisonnier,
ils lui rasaient la tête avant de le libérer, etc. »
Le troisième type
Il constitue une innovation
détestable et revêt de nombreuses formes :
– se raser la tête dans l’intention d’en faire un acte religieux d’adoration
en dehors des quatre situations sus-indiquées. C’est le cas de celui qui considère
le rasage (systématique) de la tête comme une pratique distinctive des pieux
ou un signe de l’atteinte du sommet du renoncement, à l’instar de ce que faisaient
les Kharidjites. C’est pourquoi le Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui) a dit dans sa description des Kharidjites qu’ils se caractérisaient par
le rasage (systématique) de la tête ». (al-Boukhari, 7007 et Mouslim, 1763).
Al-Qurtubi a dit : « L’expression : ils se caractérisent par le rasage
(systématique) de la tête » signifie qu’ils (kharidjites) en faisaient
le signe de leur refus des parures mondaines et la marque qui permettait de
les reconnaître. Ceci montre leur ignorance et leur tendance à introduire
dans la religion une chose contraire à la pratique du Messager d’Allah (bénédiction
et salut soient sur lui), des califes bien guidés et de leurs successeurs ».
Voir Sharh al-Umda, 1/231 et Madjmou al-Fatawa, 21/118.
Le quatrième type
Il constitue en un rasage
qui revêt plusieurs formes dont :
1/ se raser les cheveux
en cas de malheur comme la mort d’un proche ou un autre événement pareil.
D’après Abou Moussa
al-Achari (P.A. a) : « Le Messager d’Allah (bénédiction
et salut soient sur lui) a dénoncé la femme qui crie à tue-tête en cas de
malheur et demande que le malheur la frappe, et celle qui se rase la tête
en cas de malheur et celle qui se déchire les vêtements » (rapporté par
Mouslim, 149).
Dans son ouvrage intitulé :
az-Zawadjir an iqtarafi
al-kabaïr, Ibn Hadjar
dit : « Le 117e péché majeur consiste à se raser la tête
sous le coup d’un malheur, puisque cela traduit le dépit et exprime la désapprobation
du jugement (divin).
2/ se raser la tête
de façon à ressembler aux infidèles et aux pervers célèbres pour leur crâne
rasé. Certains s’enduisent le crâne d’huile pour ressembler à ces gens-là.
Certains diminuent leur chevelure des deux côtés de la tête et laisse le milieu
long. Tout cela est une assimilation prohibée, une manifestation du relâchement
des mœurs. Nous demandons à Allah de nous en préserver et de nous procurer
la sécurité.
Le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) a dit : « quiconque s’assimile à des gens
devient comme eux » (rapporté par Abou Dawoud,
4031 et déclaré authentique par Al-Albani dans Sahih Abi Dawoud, 3401). Al-Fari (puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « Celui qui cherche à
ressembler aux mécréants et aux pervers et aux débauchés leur est assimilables.
C’est-à-dire par rapport au péché.
Le cinquième type
C’est le rasage autorisé,
celui qui répond à un besoin (légitime). C’est le cas de celui qui se rase
dans le cadre du traitement d’une affection ou pour se débarrasser de poux
(qaml) etc. Cheikh al-islam (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
a dit : « Ce rasage est permis dans le Livre, la Sunna et le Consensus ».
Voir Madjmou al-Fatawa, 12/117).
Le sixième type.
Il consiste à se raser
sans un besoin précis ou sans une des raisons citées plus haut.
Ce rasage fait l’objet
d’une divergence de vues au sein des ulémas. Certains d’entre eux, comme Malick (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) l’ont désapprouvé
et ont cité à titre d’argument le fait que cela soit une pratique distinctive
des hérétiques kharidjites comme il a déjà été dit. Et le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) a dit : « Quiconque cherche à s’assimiler
à des gens devient comme eux ».
Ceux qui soutiennent
le contraire citent un hadith rapporté par Abou Dawoud
(4192) selon lequel le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) se rendit
à la famille de Djaafar ibn Abi
Talib (P.A.a) trois nuits après la mort de Djaafar et fit venir un raseur et lui donna l’ordre de raser
la tête aux fils du défunt (déclaré authentique par Al-Albani
dans Sahihi Abi
Dawoud, 3532). Ils se fondent encore sur ce hadith (4195)
d’Abou Dawoud selon lequel le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) ayant vu un garçon dont la tête était rasée partiellement,
dit : « rasez-la entièrement ou laissez-la entièrement » (Déclaré
authentique par al-Albani dans Sahih
Abou Dawoud, 3535).
An-Nawawi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « Ceci indique
sans équivoque qu’il est permis de se raser la tête ». Voir Sharh Mouslim.
Seulement, le fait de
tirer de ces deux hadith un argument selon lequel il est permis de se raser
la tête sans un besoin précis est discutable. D’abord, parce que le rasage
en question dans le hadith répond à un besoin et est permis parce que les
enfants sont plus exposés à l’assaut des poux à cause de leur humilité et
des saletés qui s’accrochent à eux. Voir
Zad al-maad, 4/159. Ensuite il
s’agit d’un petit enfant. Or un tel enfant jouit de dispense non extensible
aux adultes. Voir Hachiatou as-sindi
ala an-Nassaï. Voir
aussi Madjmou al-Fatawa,
21/119 et Sharh al-Umda,
1/230.
Cette divergence portant
sur le cinquième type se résume à ces questions : le rasage de la tête
est-il permis ou réprouvé ? Est-il préférable de s’en abstenir ?
Al-Fawi (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit :
« Il est préférable qu’on ne se rase la tête que dans le cadre des pèlerinages mineur
et majeur conformément à la pratique du Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) et ses Compagnons (P.A.a). Voir Awn al-maaboud, 11/248. Allah le Très Haut le sait mieux.