Louange
à Allah
Cheikh
al-islam Ibn Taymiyya (Puisse Allah lui accorder
Sa miséricorde) a dit : « Quand la pratique du jeu d’échecs détourne
l’intéressé intérieurement ou extérieurement de ses obligations, elle devient
interdite selon le consensus des ulémas. Et tel est le cas quand elle détourne
d’une prière obligatoire ou de l’accomplissement d’un devoir personnel ou
familial ou de la recommandation du bien et de l’interdiction du mal ou de
l’entretien du lien de parenté ou du devoir de piété filiale ou d’une obligation
inhérente à la gestion des affaires de l’Etat ou à l’imamat ou à d’autres
devoirs. La pratique du jeu est alors interdite selon le consensus des musulmans.
Il en est de même si la pratique s’accompagne de choses interdites comme le
mensonge, la prononciation de faux serments, la trahison, l’injustice, l’assistance
à l’auteur d’une injustice ou d’autres actes interdits, elle est alors prohibée
selon le consensus des musulmans.
Voir
Madjmou al-fatawa 32/218-240.
Si
la pratique du jeu n’est pas susceptible de détourner l’intéressé d’un devoir
et n’implique rien d’interdit, les ulémas l’apprécient différemment. La majorité
d’entre eux (y compris Abou Hanifa, Malick, Ahmad et certains disciples du Chafii)
l’interdisent même dans ce cas. Ils s’appuient sur des arguments tirés du
livre d’Allah, le Très Haut et des propos des Compagnons.
Les arguments coraniques
Ils
se présentent comme suit : « les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres
dressées, les flèches de divination ne sont qu' une abomination, œuvre du
Diable. ةcartez- vous en, afin
que vous réussissiez. Le Diable ne veut que jeter parmi vous, à travers le
vin et le jeu de hasard, l' inimitié et la haine, et vous détourner d' invoquer
Allah et de la Salâ. Allez- vous donc y mettre fin?»
(Coran, 5 : 90-91).
Al-Qurtubi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
a dit : « Ce verset indique l’interdiction de la pratique du jacquet
et du jeu d’échecs ; que cela s’accompagne d’une mise ou pas. En effet,
quand Allah a interdit le vin, Il en a donné l’explication en ces termes :
«Le Diable ne veut que jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard,
l' inimitié et la haine, et vous détourner d' invoquer Allah et de la Salâ. Allez- vous donc y mettre fin? » (Coran, 5 :
91).
Tout
jeu dont la pratique entraîne le pratiquant à en faire plus et provoque inimitié
et haine au sein des joueurs et les détourne du rappel d’Allah et de la prière
est assimilable au vin et doit en partager le statut » (Voir al-djami li ahkam al-qur’an, 6/291).
Les arguments tirés des paroles des Compagnons
Il
a été rapporté qu’Ali ibn Abi Talib
passa près de gens qui pratiquaient le jeu d’échecs et leur dit : qu’est-ce
que donc ces statuts autours desquelles vous vous êtes regroupés ? »
L’imam
Ahmad dit : « le plus authentique (avis rapporté des Compagnons)
à propos du jeu d’échecs est celui d’Ali.(P.A.a).
Interrogé
à propos du jeu d’échecs, Abd Allah ibn Omar (P.A.a)
a dit : « Il est pire que le jacquet »
Nard ou nardshir
appelé aujourd’hui trictracs se joue à l’aide d’une table. Il a été rapporté
des hadith l’interdisant.
Abou
Dawoud a cité (4938) un hadith rapporté d’après Abou Moussa
al-Ach’ari selon lequel le Messager d’Allah (bénédiction
et salut soient sur lui) a dit : « Aura désobéi à Allah et à Son
Messager quiconque joue au jacquet » (vérifié par al-Albani dans le Sahih d’Abou Dawoud, 4129).
Mouslim a rapporté
dans son Sahih
(2260) que le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit :
« Celui qui joue au jacquet est comme celui qui plonge sa main dans la
chair et le sang du porc ». An-Nawawi (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « Ce hadith est un argument
pour Chafii et la majorité des ulémas qui soutiennent
l’interdiction de la pratique du jeu de trictracs. « plonger sa main
dans la chair et le sang… » signifie en manger. C’est-à-dire que l’un
est aussi interdit que l’autre.
Les propos de certains ulémas relatifs
à l’interdiction de la pratique du jeu d’échecs
Ibn
Qudama (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « Le
jeu d’échecs est aussi prohibé que le jeu de nard » Voir al-Moughni, 14/155).
Ibn
al-Qayyim (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit :
« Les dégâts provoqués par la pratique du jeu d’échecs sont plus importants
que ceux qui résultent de la pratique du trictracs. Tout argument qui indique
l’interdiction de celui-ci s’applique à fortiori à celui-là. C’est ce que
disent Malick et ses disciples, Ahmad et ses disciples
et la majorité des successeurs des Compagnons.
Et
l’on ne sache pas que l’un des Compagnons le jugeât licite ou le pratiquât.
Allah les en a protégés. L’attribution de la pratique de ce jeu à Abou Hourayra est un pur mensonge que rejette tout connaisseur
des conditions de vie des Compagnons et tout connaisseur des traditions.
Comment
la meilleure génération composée des meilleures créatures hormis le Messager
d’Allah autoriserait-elle la pratique d’un jeu qui détourne son pratiquant qui s’y livre du rappel d’Allah et de la prière
d’une manière plus grave que le vin? La réalité le confirme.
Comment
le législateur interdirait-il le trictracs tout en autorisant la pratique
du jeu d’échecs beaucoup plus nocive ! ? ». Voir al-Fouroussiyya,
303, 305 et 311.
Adh-Dhahabi (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « La plupart des ulémas
interdisent la pratique du jeu d’échecs ; qu’elle soit accompagnée d’une
mise ou pas. Car dans le premier cas c’est un jeu de hasard , dans le second
la plupart des ulémas l’assimilent au jeu de hasard ».
Interrogé
sur la question de savoir si la pratique du jeu de hasard est permise ou interdire,
An-Nawawi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « Si
elle conduit au non accomplissement d’une prière à son heure et si elle s’accompagne
d’une mise, elle est prohibée. Autrement, elle est réprouvée selon Chafii
et interdite selon d’autres » (al-Kabaïr,
89-90).
Pour
en connaître davantage, voir l’ouvrage intitulé : tahrim an-nard wa ach. Chatrangj wa al-malahi
par al-Adjouri, rétabli par Muhammad Saïd Idriss.
Allah
le Très Haut le sait mieux.
Nous
demandons à Allah le Très Haut de nous assister à faire ce qu’Il aime et agrée
et de nous maintenir dans Son obéissance. Puisse Allah bénir et saluer notre
prophète Muhammad.