Louange à Allah
Selon la définition des spécialistes
du droit musulman, qunût désigne une invocation à réciter à un moment
précis pendant la prière en observant la posture debout. Il est préconisé dans
les prières impaires (witr) après la génuflexion, selon le plus juste des deux
avis émis par les ulémas à cet égard. La pratique est recommandée quand les
musulmans sont frappés par une calamité. C’est alors qu’on invoque après être
redressé suite à la génuflexion effectuée dans la dernière rakaa de chacune
des cinq prières quotidiennes obligatoires. Et ce jusqu’à ce qu’Allah mette
fin à la calamité et en débarrasse les musulmans. Voir l’ouvrage de Cheikh Bakr
Abou zayd intitulé Tas’hîh ad-Dou’a, p. 460.
Quant au qunût perpétué dans
le cadre de la prière du matin, il n’est pas rapporté de façon sûre que le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) l’ai fait. Ce qui est rapporté de manière
vérifiée c’est que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) réservait
aux périodes de calamités des qunût appropriés. Il a pratiqué celui-ci
dans la prière du matin et dans d’autres pour formuler des invocations, contre
Raal, Dhakwan et Ussayya qui avaient tué des lecteurs du Coran (enseignants)
envoyés par le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) pour leur apprendre
leur religion. De même, il a fait des invocations au cours de la prière du matin
et d’autres au profit des croyants faibles, afin qu’Allah les protège contre
Satan leur ennemi. Mais il n’a pas perpétué cette pratique. Les califes bien
guidés ont fait comme lui.
Dès lors, il vaut mieux que l’imam se
contente de pratiquer le qunût en temps de calamité à l’instar du Messager
d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui). Il a été rapporté de façon sûre
qu’Abou Malick al-Achdja’i a dit : « J’ai dis à mon père : Papa,
tu as prié derrière le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui)
et derrière Abou Bakr, Omar, Outhmane et Ali (P.A.a). Avaient-ils l’habitude
de faire le qunût dans le cadre de la prière du matin ? » -
« fiston, c’est inventé plus tard » (rapporté par les cinq, à l’exception
d’Abou Dawoud et jugé authentique par Al-Albani dans al-Irwaa,n° 435.
Or, le meilleur enseignement est celui de Muhammad (bénédiction et salut soient
sur lui).
Allah est le garant de
l’assistance. Puisse-t-Il bénir et saluer notre Prophète Muhammad, sa famille
et ses compagnons.
La Commission permanente
pour les Recherches Religieuses et la Consultance (7/47).
Si vous me demandez s’il y a une formule
déterminée à utiliser dans le qunût à faire dans les prières (witr)
et dans celles accomplies en période de calamité, je vous réponds que le premier
se présente sous plusieurs formules. En voici quelques unes :
1/ La formule que le Messager
d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) apprit à Hassan ibn Ali (P.A.a) :
« Allahouma ihdinî fî man hadayta, wa aafinî fî man aafayta wa tawallanî
fî man ta wallayta, wa bârik lî fî mâ a’tayta, wa qinî sharra ma qadayta, fa
innaka taqdhî wa lâ yuqdhâ alayka ; innahou lâ yadhillou ma waalayta wa
lâ ya’izzou man âdayta, tabârakta rabbanâ wa ta’aalayta, la mandjâ mink illâ
ilayka ». (cité par Abou Dawoud, n° 1213 et par an-Nassaï, n° 1725
et jugé authentique par al-Albani dans Irwâ, n° 429) =
Mon Seigneur, guide-moi
avec ceux que tu guides ;
Donne –moi la sécurité
avec ceux auxquels Tu la donnes ;
Prends-moi en charge avec
ceux que Tu prends en charge ;
Bénis pour moi ce que
Tu m’as donné ;
Protège-moi contre Tes
pires décisions ;
Tu juges et personne ne
Te juge ;
Ton protégé ne sera pas
humilié et celui que Tu hais n’auras pas le dessus ;
Tu procures bénédiction
et Tu restes transcendant
L’on ne peut t’échapper
qu’en se réfugiant auprès de Toi ».
2/ D’après Ali ibn Abi Talib le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) disait au terme de son « witr » :
« Allahoumma, innî aaoudhou biridhâka min sakhatika wa bi mu’âfâlika
min uqûbatika wa aoudhou bika minka ; lâ uhsi thanâ’an alayka ; anta
kamâ athnayta alâ nafsika » (rapporté par at-Tirmidhi, n° 1727 et jugé
authentique par al-Albani dans al-Irwâ, n° 430 et dans Sahihi
Abi Dawoud, n° 1282. = « Mon Seigneur, je demande que Ton agrément me protège
contre Ton mécontentement, que la sécurité que Tu procures me mette à l’abri
de Ton châtiment. Je demande que Tu me protèges contre Toi-même ; je ne
saurais Te louer parfaitement ; Tu es comme Tu T’es présenté ».
Ensuite, le prieur prie pour le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) comme il a été sûrement rapporté que certains
Compagnons le faisaient au terme du qunût dit dans le cadre du witr.
Parmi lesdits Compagnons figuraient Ubay ibn Kaab et Mu’adh al-Ansari (P.A.a).
Voir Tas’hîh ad-Du’aa par Cheikh Bakr Abou Zayd, p. 460.
Le qunût en
temps de calamité
Quand on fait le qunût en période
de calamité, on utilise une formule adaptée à la situation à l’instar du Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) qui maudit des tribus arabes ayant assassiné
un groupe de ses compagnons et pria au profit de croyants persécutés à La Mecque
afin qu’Allah le Très Haut les sauvât. Selon Ibn Omar, il utilisa cette formule :
« Allahoumma,
innâ nas’ta înouka wa nou’minou bika wa natawakkalou alayka wa nouthni alayka
al-khayra wa laa nakfourouka, allahoumma iyyaka na’boudou wa laka noussali wa
nasdjoudou, wa ilayka nas’aa wa nahfidou, narjou rahmataka wa nakhafou adhabaka
inna adhabaka al-djidda bi al-kaafirîna mulhaqun. Allahoumma adhib al-kafarata
ahl al-kitabi al ladhina yasuddûna an sabilika » (rapporté par al-Bayhaqi,
2/210 et jugé authentique par al-Albani dans al-Irwâ, 2/170). Al-Al-Banni
dit : « cette version vient d’Omar et s’applique à la prière du matin.
Il paraît que cette formule était employée en période de calamité comme l’indique
la mention des mécréants .
= « Mon Seigneur, nous croyons en Toi, sollicitons Ton assistance,
et nous nous confions à Toi, Te faisons de bonnes louanges et ne Te renions
pas. Mon Seigneur, c’est Toi que nous adorons et C’est pour Toi que nous prions
et nous prosternons. C’est vers Toi que nous nous dirigions et nous rassemblons.
Nous espérons bénéficier de Ta miséricorde et redoutons Ton châtiment. Il est
vrai que Ton châtiment inéluctable frappera les mécréants. Mon Seigneur, châtie
les mécréants, gens du livre qui détournent les gens de Ton chemin ».
Si vous me demandez s’il
vous est possible d’utiliser d’autres formules, ma réponse est affirmative.
Car an-Nawawi dit dans al-Madjmou’ (3/497) : « Ce qui est notoirement
et résolument vrai pour la majorité (des ulémas) c’est que la formule ci-dessus
indiquée ne s’impose pas puisqu’on peut employer toute autre invocation.
Ladite formule ne s’imposant pas puisque
n’étant pas employée par le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) ;
il n’y a aucun mal à la dépasser. Cheikh al-Albani (Puisse Allah lui accorder
Sa miséricorde) a dit : « Il n’y a aucun mal à y ajouter la malédiction
des mécréants, la prière pour le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui)
et pour l’ensemble des musulmans ». Voir Qiyâmou Ramadan par al-Albani,
31.
Il nous reste à traiter une question
importante. C’est de savoir si le qunût est à dire avant ou après la
génuflexion (rou’kou). La plupart des hadith adopté par la majorité des
ulémas indiquent que le qunût est à faire après s’être redressé de la
génuflexion. Cependant il n’y a aucun mal à le faire avant la génuflexion. Le
fidèle a le choix (entre deux façons de procéder) :
-
s’incliner à la fin de sa récitation puis se redresser
et dire : rabbana wa laka al-hamd avant de dire le qunût ;
-
procéder au qunût dès la fin de la récitation
puis prononcer Allahou akbar puis s’incliner.
L’une et l’autre pratiques s’attestent
dans la Sunna ». Ici prennent fin les propos de Cheikh Muhammad ibn Outhaymine
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dans ach-charh al-mumti’,
4/64.
Remarque : l’auteur de la question dit :
la meilleure prière est celle qui comporte le plus long qunût ».
Peut-être fait-il allusion au hadith rapporté par Mouslim (n° 1257) d’après
Djabir selon lequel le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Le
plus grand mérite de la prière réside dans la longueur du qunût ».
An-Nawawi dit : « Par qunût
on entend à l’avis unanime des ulémas la longueur de la posture debout, à ce
que je sache ».
Dans ce hadith, il ne s’agit point d’indiquer
que le qunût se fait après que le fidèle s’est redressé suite à la génuflexion,
mais d’indiquer que le qunût implique une longue posture debout ».
Allah le sait mieux.