Louange à Allah
Selon le Sahih
d’al-Boukhari, (n° 1164) et le Sahih de Mouslim (n° 4022), Abou Hourayra
(P.A.a) a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (bénédiction
et salut soient sur lui) dire :
« Le musulman a sur son coreligionnaire cinq droits : répondre à
son salut, se rendre à son chevet en cas de maladie, accompagner sa dépouille
mortelle à se dernière demeure, répondre à son invitation et prier pour lui
en cas d’éternuement ».
Les ulémas ont établi
deux catégories d’invitation auxquelles il est demandé au musulman de répondre.
La première concerne
la réception organisée à l’occasion d’un mariage. La majorité des ulémas soutiennent
qu’on doit y répondre si l’on n’a pas une excuse légale – Nous citerons plus
loin certaines excuses - s’il
plaît à Allah . La preuve de la nécessité de répondre réside dans ce hadith
rapporté par al-Boukhari (n° 4779) et par Mouslim (n° 2585) d’après Abou Hourayra
selon lequel le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit :
« Le pire des repas est celui offert dans le cadre des réceptions ;
on n’en prive ceux qui en ont besoin et y invite ceux qui n’en ont besoin.
Pourtant celui qui ne répond pas à l’invitation désobéit à Allah et à Son
Messager ».
La deuxième concerne
les différentes autres invitations. La majorité des ulémas pensent qu’il est
désirable d’y répondre. Mais certains chafiites et Zhahirites en font une
obligation. Si on disait que c’est fortement recommandé, ce serait plus acceptable.
Allah le sait mieux.
Selon les ulémas la
réponse à donner à une invitation doit être régie par certaines conditions.
Si celles-ci ne sont pas réunies, il n’est ni obligatoire ni même recommandé
de répondre à une invitation. Mieux, il peut même être interdit de le faire.
Lesdites conditions ont été résumées par Cheikh Muhammad ibn Outhaymine (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) comme suit :
1/ Il ne faut pas que
le cadre de la cérémonie comporte une chose réprouvée (par l’Islam). Si une
telle chose existe et si l’invité peut y mettre fin, il doit répondre à l’invitation
pour deux raisons : assister à la cérémonie et mettre fin à une chose
réprouvée (par l’Islam). Si l’invité ne peut pas y mettre fin, il lui est
interdit de répondre à l’invitation.
2/ Il ne faut pas que
le maître de cérémonie soit l’un de ceux qui doivent être boycotté ou qu’il
est recommandé de mettre à l’écart. C’est le cas de toute personne notoirement
perverse ou désobéissant (à l’égard d’Allah). Le boycotter peut l’inciter
à se repentir.
3/ L’auteur de l’invitation
doit être musulman. Autrement, il n’est pas obligatoire de lui répondre en
vertu de la parole du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui). :
« le droit du musulman sur son coreligionnaire …».
4/ Le repas offert dans
le cadre de la réception doit être licite
5/ Il ne faut pas que
la participation à la cérémonie entraîne la négligence d’un devoir ou d’une
obligation plus importante. Si tel est le cas, il est interdit d’y répondre.
6/ Il ne faut pas que
la participation à la cérémonie porte préjudice à l’invité. C’est le cas notamment
si celui-ci doit voyager et se séparer de sa famille malgré son besoin de
lui ou s’il y a d’autres inconvénients.
Voir al-qawl al-moufid,
3/111 (citation remaniée).
Certains ulémas ont
ajouté :
7/ Il ne faut pas que
l’invité soit privilégié. Car tous les invités doivent être rassemblés en
un seul endroit pour assister à la cérémonie de mariage puisqu’ils se valent
et la présence de l’un d’eux n’a pas plus d’importance que celle des autres.
Ce qui précède indique
clairement que vous n’êtes pas tenue de répondre à ces invitations. Bien au
contraire, cela peut être interdit si vous n’êtes pas en mesure de mettre
fin aux choses réprouvées (par l’Islam) ou si votre présence entraîne la négligence
des droits de votre mari ou ceux relatifs à l’éducation et à la protection
de vos enfants.
En outre, vous-mêmes
n’êtes pas à l’abri du mal et des préjudices qu’elles provoquent. Ce qui constitue
une excuse qui permet de ne pas répondre, même quand la participation est
jugée obligatoire et, à plus forte raison, quand tel n’est pas le cas ?
Il faut en plus attirer
votre attention sur la nécessité de demander la permission de votre mari pour
aller assister à la cérémonie à laquelle vous êtes invitée. Vous devez conseiller
les sœurs que vous rencontrez qu’elles doivent veiller à ce que leur temps
et leurs rencontres leur profitent sur les plans religieux et profanes. Le
Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) nous a mis en garde
contres les assemblées au cours desquelles on ne mentionne pas le nom d’Allah,
le Très Haut. A ce propos, Il a dit : « chaque fois que des gens
tiennent une assemblée sans y mentionner Allah et prier pour leur prophète,
ils le regretteront et Allah pourra soit les punir, soit leur pardonner »
(rapporté par at-Tirmidhi, 3302 et déclaré beau et authentique et confirmé
par al-Albani dans le Sahih d’at-Tirmidhi, 3/140). Le terme « tira »
signifie regret et remords.
Selon un hadith rapporté
dans les Sunan d’Abou Dawoud (4214) et ailleurs Abou Hourayra a dit :
« Le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit :
« Chaque fois que des gens quittent une assemblée au cours de laquelle
ils n’ont pas mentionné Allah, ils se rendent semblables à des gens qui viennent
de se nourrir du cadavre d’un âne et ils le regretteront » (déclaré authentique
par an-Nawawi dans Riadh as-Salihine (321) avis adopté par al-Albani
(Puisse Allah leur accorder Sa miséricorde).
Transmettez leur ces
conseils oralement ou par écrit. Vous pouvez même les inviter chez vous et
profiter de leur présence pour organiser un cercle de rappel (d’Allah) et
d’autres activités licites qui leur soient aimables. Peut être Allah leur
inspirera-t-il l’acceptation de la belle pratique que nous aurez initiée pour
mieux profiter de tes rencontres. C’est Allah qui assiste.