Louange à Allah
Premièrement, le Saint Coran.
Ibn Kathir (Puisse Allah lui
accorder sa miséricorde) a dit : « L’imam Shafii et ceux qui sont de
son avis soutiennent la prohibition de la masturbation en s’appuyant sur ce
verset dans lequel le Très Haut dit : « et qui préservent leurs sexes,
(de tout rapport), si ce n' est qu' avec leurs épouses ou les esclaves qu'
ils possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer; alors que ceux qui
cherchent au-delà de ces limites sont des transgresseurs;» (Coran, 24 : 5-7).
Shafii dit dans le chapitre du mariage : « Il est clair que leur préservation
de leur sexe contre tout sauf leurs épouses et leurs concubins exclut tout
ce qui n’est pas leurs épouses et leurs concubines. Cette idée est encore
mise en relief en ces termes : « alors que ceux qui cherchent au-delà
de ces limites sont des transgresseurs » (Coran, 24 :7). Aussi n’est-il
pas permis d’utiliser le sexe que dans les rapports (intimes) avec l’épouse
ou la concubine. La masturbation n’est donc pas permise. Allah le sait mieux.
(Extrait du livre al-Umm de Shafii).
D’autres ulémas fondent leur opposition à la masturbation sur les propos du
Très Haut : « Et que ceux qui n' ont pas de quoi se marier, cherchent
à rester chastes jusqu'à ce qu' Allah les enrichisse par Sa grâce..» (Coran,
24 : 33) parce que l’ordre relatif à la chasteté implique que l’on demeure
patient devant ce qui lui est contraire.
Deuxièmement, la Sunna prophétique
Des ulémas se fondent sur le
hadith d’Abd Allah Ibn Massoud (P.A.a) dans lequel il dit : « Jeunes
et pauvres, nous accompagnions le Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui) et il nous disait : ô jeunes, celui d’entre vous qui est capable de supporter
les charges du mariage doit se marier car le mariage aide à baisser le regard
et est plus à même à protéger le sexe. Celui qui ne le peut pas doit
pratiquer le jeûne car il est dissuasif (il le protège contre l’envie d’avoir
des relations sexuelles prohibées) (rapporté par Boukhari, Fateh n° 5066).
Le législateur oriente ainsi les personnes incapables de se marier vers la pratique
du jeûne, malgré la peine qui lui est inhérente. Il n’est pas orienté vers
la masturbation qui est pourtant plus facile que le jeûne et vers laquelle
l’on serait instinctivement plus poussé.
La question fait l’objet d’autres arguments, mais nous nous contentons de ceux
déjà cités. Allah le sait mieux.
Quant au traitement à suivre par celui qui pratique la masturbation, voici quelques
conseils et mesures de salut :
1°) Il faut que la recherche d’issue de cette habitude soit motivée par l’observance
de l’ordre d’Allah et l’abandon de ce qui suscite Sa colère.
2°) Repousser cette habitude par la solution radicale qui est le mariage en
se conformant à la recommandation du Messager d’Allah fait aux jeunes à cet
égard.
3°) Repousser les intrigues et les mauvaises pensées et s’occuper de ce qui
est utile ici-bas et dans l’au-delà car si l’on se livre aux intrigues, celles-ci
risquent de se traduire dans la pratique et de s’enraciner pour devenir une
habitude difficile à abandonner.
4°) Baisser le regard, car le
fait de regarder les personnes et les belles photos et les desseins sans restriction
peut conduire à l’interdit. C’est pourquoi le Très Haut dit : « Dis aux
croyants de baisser leurs regards» (Coran, 24 :30) et le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) dit : «Ne faites pas suivre un regard par un autre »
(rapporté par at-Tarmidhi, 2777 et déclaré ‘beau’ dans Sahih al-Djami’, 7953).
Si le premier regard, qui peut être le fruit du hasard, n’entraîne aucun péché,
le deuxième lui est interdit. De même, l’on doit s’éloigner des lieux où se
trouvent des facteurs d’incitation des désirs charnels inhibés.
5°) S’occuper des divers actes cultuels de sorte à ne plus avoir en temps libre
à consacrer à la désobéissance.
6°) Tenir compte du préjudice sanitaire de la masturbation qui consiste dans
l’affaiblissement de la vision, des nerfs et de l’organe génital et des douleurs
au dos et d’autres maux mentionnés par les médecins. A cela s’ajoutent des
méfaits psychologiques tels que l’angoisse et l’instabilité de la conscience.
Mais le plus grave réside encore dans les prières ratées à cause des bains
rituels répétés et leur difficulté notamment en hiver, et l’annulation du
jeûne.
7°) Détruire les fausses convictions car certains jeunes croient que cette pratique
est permise parce qu’elle constitue un moyen de se protéger contre la fornication
et la sodomie. Au contraire, la masturbation leur est presque assimilable.
8°) S’armer d’une forte volonté et se déterminer à ne pas se soumettre à Satan
et éviter la solitude et ne pas dormir seul. Un hadith dit que le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) a interdit que l’on passe la nuit dans
la solitude » (rapporté par l’imam Ahmad. Il est aussi cité dans Sahih
al-Djami’, 6919.
9°) Utiliser le remède prophétique efficace et apte à atténuer l’intensité des
désirs charnels et à calmer les instincts.Il faut d’ailleurs se méfier des
propos bizarres tel que le fait de jurer de ne plus récidiver ou déclarer
que le retour à la pratique reviendrait à renier sa foi. De même, il ne convient
pas d’utiliser des médicaments qui apaisent les désirs charnels car ils représentent
un danger pour le corps. La Sunna comporte des hadith qui interdisent l’usage
de produits pouvant éradiquer les désirs charnels.
10°) Observer les règles religieuses
au moment de se livrer au sommeil comme la lecture des dhikr destinés à cette
occasion et le fait de se coucher sur le côté droit et éviter de se coucher
sur son ventre car le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) l’a interdit.
11°) S’imposer la patience et
la chasteté car nous avons l’obligation de nous passer des actes interdits
même si nous éprouvons le désir de les commettre. Sachons que le fait de s’imposer
la chasteté finit par nous en donner l’habitude. C’est ce qu’indiquent les
propos du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) : « Allah rend
chaste quiconque cherche à l’être ; rend riche quiconque se satisfait de ce
qu’il a et aide à demeurer patient quiconque cherche à s’imposer la patience.
Nul n’a reçu un don meilleur et plus ample que la patience ». (rapporté
par Boukhari, Fateh, n° 1469).
12°) Celui qui commet cette désobéissance doit s’empresser au repentir et à
la demande de pardon et à l’accomplissement des actes d’obéissance sans désespérer
à cause du fait que la pratique relève des péchés majeurs.
13°) Enfin, il n’y a aucun doute que le recours à Allah, Son invocation avec
humilité et la recherche de son assistance pour se délivrer de cette habitude
constituent les plus importants remèdes car le Transcendant exauce l’invocation
de celui qui l’invoque. Allah le sait mieux.