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Diverses questions concernant l’esprit partisan et l’apparence à une patrie.
Je discutais avec mes collègues sur la nationalité dans le monde musulman. Et voilà quelques questions que je vous soumets pour obtenir des réponses de votre part :
1/ Comment juger la célébration du jour de l’indépendance ?
2/ Une telle célébration relève-t-elle de l’esprit partisan, d’une pratique obscurantiste ou interdite ?
3/ Comment définir l’esprit partisan (chauvinisme) du point de vue de la Charia ?
4/ En tant que musulman, quel est le sentiment que nous devrions nourrir à l’égard des pays où nous sommes nés, où nous avons grandi, où nous avons été formés et où nous avons enseigné ? Aimer de tels pays relève-t-il du chauvinisme ? (Nous est-il permis de célébrer les fêtes nationales contraires aux enseignements de la Charia ? Quelles sont les fêtes nationales qu’il est permis de célébrer ?
5/ Qu’en est-il de l’usage du passeport d’un pays si l’appartenance à un pays déterminé relève de l’obscurantisme et du chauvinisme ?
6/ Y a t il des exemples provenant des Compagnons et prouvant leur amour pour leur pays ?

Louanges à Allah

Premièrement, il n’est pas permis de célébrer le jour de l’indépendance ni d’autres jours semblables puisque cela revient à imiter les mécréants. D’ailleurs, cette célébration implique une innovation doublée d’une désobéissance (à Allah)

Ibn al-Qayyim dit : « Le terme iid désigne quelque chose qui se passe habituellement dans le temps et dans l’espace.

S’agissant du temps, c’est comme le jour d’Arafa, le jour du Sacrifice et les jours de Mina qui sont « des jours de fête pour nous, musulmans » selon les propos du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) rapportés par Abou Dawoud et d’autres. Quant à l’espace, Abou Dawoud rapporte dans ses Sunan qu’un homme a dit :

- « Ô Messager d’Allah ! J’ai formé le vœu d’égorger des chameaux à Bouwana… »

- « Y a t il là bas une des idoles des polythéistes ou l’un de leurs lieux de fête ? »

- « Non »

- « Exécute alors ton vœu ».

Vont encore dans le même sens ses propos : « Ne fais pas de ma tombe un lieu de fête.

Le terme iid dérive de mu’awada et de i’tiyaad (récurrence, répétition habituelles). S’il désigne un endroit, il s’agit alors d’un lieu fréquenté pour des rencontres cultuelles ou d’autres. C’est le cas de la Mosquée Sacrée, de Mina, de Mouzdalifa, de Arafa et des (autres) lieux saints dont Allah Très Haut a fait des destinations pour les pieux comme il a fait des manifestations cultuelles qui s’y déroulement des moments de fête...Les polythéistes avaient des fêtes liées au temps et à l’espace que l’Islam a annulées et remplacées pour les croyants par les fêtes de rupture de jeûne, du Sacrifice et des jours de Mina, de la même manière qu’il a remplacé les lieux de fête polythéiste par la Kaaba abritée par la Mosquée Sacrée, Arafa, Mina et autres lieux saint ». Voir ighathat al-lahfaan, 1/190

Parmi les choses interdites aux musulmans figurent l’imitation des mécréants, notamment dans leur manière de célébrer leurs fêtes. Les fêtes et cérémonies innovées constituent un domaine où les musulmans ont fait preuve d’un grand laxisme après les trois meilleures générations. Beaucoup d’entre eux se sont précipités à copier sur les autres nations, notamment dans le domaine des fêtes et cérémonies. C’est ainsi que certains d’entre eux ont inventé la célébration de l’anniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et la célébration de la nuit du voyage nocturne et de l’ascension du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et les fêtes nationales qui se multiplient quotidiennement chez les musulmans…

Nous avons cité dans le cadre de notre réponse à la question n° 10070 une fatwa de la  Commission Permanente à propos de la fête nationale et d’autres fêtes, que l’on s’y réfère.

Deuxièmement, ces cérémonies interdites parce qu’innovées nourrissent l’esprit partisan et le racisme et équivalent à la reconnaissance de la réalité de l’œuvre coloniale consistant à diviser les territoires musulmans en Etats et peuples dispersés. Or Allah Très Haut dit : « Et Il vous a assujetti tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, le tout venant de Lui. Il y a là des signes pour des gens qui réfléchissent. » (coran, 45 : 13)

Allah Très Haut a créé Adam et Eve et fait à partir de leur progéniture des peuples, des tribus, et des races aux couleurs différentes. Tous les humaines descendant d’Adam et Eve. Aucune supériorité ne saurait être fondée sur la couleur de la peau ou sur l’appartenance à une race, tous les humains étant en principe égaux devant Allah Très Haut. Celui d’entre eux qui craint le plus son Maître reste le meilleur donc le plus honorable auprès d’Allah Puissant et Majestueux.

Quoi que les humains appartiennent à des nations, des pays et des races différentes, ce n’est que comme les différences qui existent au sein des membres d’une seule famille entre les frères du même père et de la même mère.

Le chauvinisme qui émerge à nos jours dans la plupart des pays et qui est fondé sur la race, l’ethnie, la couleur ou la patrie est une survivance du vieil esprit de partie pris qui opposait périodiquement Aws et Khazradj et constituait un résidu tenace des traditions antéislamiques.

De nombreuses guerres avaient à l’époque opposaient les deux tribus et faisaient persister une profonde inimitié et des tensions nourries par une haine atavique, qui dégénéraient en conflits fratricides très sévères. Cela continue jusqu’à l’avènement de l’Islam qui accueilli les deux parties et en fit grâce à Allah, des frères. Après cette réconciliation opérée par l’Islam, ils devinrent unis et se mirent à coopérer. A ce moment, un juif passa auprès d’un rassemblement de gens comprenant des membres des Aws et des Khazradj et, non contenant de l’entente et de la cohésion qui régnait au sein des deux communautés, il envoya un homme à l’assemblée avec l’ordre de rappeler (publiquement) les guerres qui jadis avaient opposé les deux groupes. L’intrus ne cessa de réveiller (les blessures du passé) au point de susciter la colère des uns contre les autres. Après quoi, les uns sautèrent sur les autres, relancèrent leurs vieux slogans, reprirent les armes et se promirent de se rencontrer sur la harra (un endroit de Médine). Quand la nouvelle parvint au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) il alla les calmer en disant : « Allez vous relancer l’appel antéislamique devant moi ? ». Puis il récita ce verset : « Et cramponnez-vous tous ensemble au "Habl" (câble) d'Allah et ne soyez pas divisés; et rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous: lorsque vous étiez ennemis, c'est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. Et alors que vous étiez au bord d'un abîme de Feu, c'est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés.   » (Coran, 3 : 103). Quand ils entendirent le Messager (bénédiction et salut soient sur lui) réciter ce verset, ils regrettèrent leur comportement, se réconcilièrent s’embrassèrent et déposèrent ces armes.

Quatrièmement, l’Islam ne s’oppose pas à ce que l’on aime sa patrie où l’on a vécu. Ce qui est réprouvé, c’est de faire du patriotisme le fondement de l’alliance et du rejet. C’est d’aimer et de haïr sur cette base car il n’est pas dit que tout compatriote est nécessairement plus proche de vous qu’un musulman étranger. Le fondement de l’alliance ou la rupture ne doit pas être l’appartenance commune à une patrie ou son absence. Car l’alliance et la rupture, comme l’amitié et l’hostilité, doit être fondé sur l’Islam et la piété.

Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) aimait La Mecque qui demeure le territoire préférée d’Allah. Cependant le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) ne pouvait pas aimer les habitants mécréants de cette cité. Bien au contraire, ils les combattirent quand ils combattaient les musulmans. Ni lui ni ses compagnons n’étaient prêts à faire passer leur amour pour La Mecque avant l’exécution de la loi d’Allah Très Haut. Et quand Celui-ci interdit aux Immigrés venus de La Mecque le retour à cette localité pour d’autres choses que pour y accomplir des rites islamiques et y séjourner trois jours après les rites, ils s’en contentèrent et ne voulurent jamais rester plus long temps. Leur amour pour La Mecque ne les poussa pas à se rebeller contre Allah ni à commettre des actes plus graves.

Aujourd’hui, on voit que le chauvinisme a atteint une ampleur importante. De sorte qu’on se livre à des scènes entachées de polythéisme au nom de la patrie. C’est ainsi qu’on salue le drapeau, symbole de la patrie, et pour ce faire, on s’arrête révérencieusement (avec une application) dont on ne fait pas preuve même dans les prières quand on se tient debout devant leur Maître Béni et Très Haut.

Cinquièmement, l’usage d’un passeport est sans rapport avec les pratiques antéislamiques et il ne relève pas du chauvinisme. Car il vise à faire connaître le titulaire et son pays. Et s’il arrive que certaines personnes brandissent leurs passeports en guise de fierté ou d’orgueil ou pour exprimer leur patriotisme, leur geste serait reprouvé.

Sixièmement, nous avons évoqué l’amour que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) avait pour La Mecque et sa préférence pour l’obéissance à son Maître. A ce propos Ibn Abbas, a rapporté que le Messager (bénédiction et salut soient sur lui) s’était adressé à La Mecque en ces termes : « Quelle belle cité ! Que je t’aime ! Si tes habitants ne m’avait pas expulsé, je n’habiterais jamais ailleurs » (rapporté par at-Trimidhi (3926) et déclaré authentique par at-Trimidhi et par al-Albani dans Sahih al-djami’5536).

Vous pouvez constater la même attitude chez les compagnons et chez ceux venus juste après eux si vous consultez leurs biographies Il semble que l’amour que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et ses compagnons nourrissaient à l’égard de La Mecque était dû au fait que cette cité demeure celle qu’Allah préfère à toutes les autres, comme cela s’atteste dans cette autre version du hadith rapporté par at-Trimidhi (n° 3925) : « Certes, tu es le meilleur territoire pour Allah, celui qu’il préfère à toutes les autres parties de la terre » (déclaré authentique par Ibn Hadjar).

L’amour naturel que l’on nourrit à l’égard de son lieu de naissance n’est pas désapprouvé par la loi religieuse, à moins qu’il nous détourne de pratiques cultuelles prioritaires. Voilà pourquoi on a vu des compagnons immigrés (mecquois) et Ansar (médinois) quitter leur pays d’origine pour aller répandre l’appel de l’Islam dans les pays. Leur départ était pour eux le moyen d’atteindre des fins et de réaliser des objectifs plus nobles qu’un simple attachement à la terre et à des édifices.

Allah le sait mieux.


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