Louanges à Allah
Premièrement, il n’est
pas permis de célébrer le jour de l’indépendance ni d’autres jours semblables
puisque cela revient à imiter les mécréants. D’ailleurs, cette célébration
implique une innovation doublée d’une désobéissance (à Allah)
Ibn al-Qayyim dit : « Le terme iid désigne quelque
chose qui se passe habituellement dans le temps et dans l’espace.
S’agissant du temps, c’est
comme le jour d’Arafa, le jour du Sacrifice et les jours de Mina qui sont
« des jours de fête pour nous, musulmans » selon les propos du Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) rapportés par Abou Dawoud et d’autres.
Quant à l’espace, Abou Dawoud rapporte dans ses Sunan qu’un homme a
dit :
- « Ô Messager d’Allah ! J’ai formé le
vœu d’égorger des chameaux à Bouwana… »
-
« Y a t il là bas une des idoles des polythéistes ou l’un de leurs lieux
de fête ? »
-
« Non »
-
« Exécute alors ton vœu ».
Vont encore dans le même
sens ses propos : « Ne fais pas de ma tombe un lieu de fête.
Le terme iid dérive de mu’awada et de i’tiyaad
(récurrence, répétition habituelles). S’il désigne un endroit, il s’agit alors
d’un lieu fréquenté pour des rencontres cultuelles ou d’autres. C’est le cas
de la Mosquée Sacrée, de Mina, de Mouzdalifa, de Arafa et des (autres)
lieux saints dont Allah Très Haut a fait des destinations pour les pieux comme
il a fait des manifestations cultuelles qui s’y déroulement des moments de
fête...Les polythéistes avaient des fêtes liées au temps et à l’espace que
l’Islam a annulées et remplacées pour les croyants par les fêtes de rupture
de jeûne, du Sacrifice et des jours de Mina, de la même manière qu’il a remplacé
les lieux de fête polythéiste par la Kaaba abritée par la Mosquée Sacrée, Arafa, Mina et autres lieux
saint ». Voir ighathat al-lahfaan, 1/190
Parmi les choses interdites aux musulmans figurent l’imitation
des mécréants, notamment dans leur manière de célébrer leurs fêtes. Les fêtes
et cérémonies innovées constituent un domaine où les musulmans ont fait preuve
d’un grand laxisme après les trois meilleures générations. Beaucoup d’entre
eux se sont précipités à copier sur les autres nations, notamment dans le
domaine des fêtes et cérémonies. C’est ainsi que certains d’entre eux ont
inventé la célébration de l’anniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) et la célébration de la nuit du voyage nocturne et
de l’ascension du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et les fêtes
nationales qui se multiplient quotidiennement chez les musulmans…
Nous avons cité dans le
cadre de notre réponse à la
question n° 10070
une fatwa de la
Commission Permanente à propos de la fête nationale et d’autres fêtes, que
l’on s’y réfère.
Deuxièmement, ces cérémonies
interdites parce qu’innovées nourrissent l’esprit partisan et le racisme et
équivalent à la reconnaissance de la réalité de l’œuvre coloniale consistant
à diviser les territoires musulmans en Etats et peuples dispersés. Or Allah
Très Haut dit : « Et Il vous a assujetti tout ce qui est dans les
cieux et sur la terre, le tout venant de Lui. Il y a là des signes pour des
gens qui réfléchissent. » (coran, 45 : 13)
Allah Très Haut a créé
Adam et Eve et fait à partir de leur progéniture des peuples, des tribus,
et des races aux couleurs différentes. Tous les humaines descendant d’Adam
et Eve. Aucune supériorité ne saurait être fondée sur la couleur de la peau
ou sur l’appartenance à une race, tous les humains étant en principe égaux
devant Allah Très Haut. Celui d’entre eux qui craint le plus son Maître reste
le meilleur donc le plus honorable auprès d’Allah Puissant et Majestueux.
Quoi que les humains appartiennent
à des nations, des pays et des races différentes, ce n’est que comme les différences
qui existent au sein des membres d’une seule famille entre les frères du même
père et de la même mère.
Le chauvinisme qui émerge
à nos jours dans la plupart des pays et qui est fondé sur la race, l’ethnie,
la couleur ou la patrie est une survivance du vieil esprit de partie pris
qui opposait périodiquement Aws et Khazradj et constituait un résidu tenace
des traditions antéislamiques.
De nombreuses guerres avaient à l’époque opposaient les deux
tribus et faisaient persister une profonde inimitié et des tensions nourries
par une haine atavique, qui dégénéraient en conflits fratricides très sévères.
Cela continue jusqu’à l’avènement de l’Islam qui accueilli les deux parties
et en fit grâce à Allah, des frères. Après cette réconciliation opérée par
l’Islam, ils devinrent unis et se mirent à coopérer. A ce moment, un juif
passa auprès d’un rassemblement de gens comprenant des membres des Aws et
des Khazradj et, non contenant de l’entente et de la cohésion qui régnait
au sein des deux communautés, il envoya un homme à l’assemblée avec l’ordre
de rappeler (publiquement) les guerres qui jadis avaient opposé les deux groupes.
L’intrus ne cessa de réveiller (les blessures du passé) au point de susciter
la colère des uns contre les autres. Après quoi, les uns sautèrent sur les
autres, relancèrent leurs vieux slogans, reprirent les armes et se promirent
de se rencontrer sur la harra (un endroit de Médine). Quand la nouvelle parvint
au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) il alla les calmer en disant :
« Allez vous relancer l’appel antéislamique devant moi ? ».
Puis il récita ce verset : « Et cramponnez-vous tous ensemble au
"Habl" (câble) d'Allah et ne soyez pas divisés; et rappelez-vous
le bienfait d'Allah sur vous: lorsque vous étiez ennemis, c'est Lui qui réconcilia
vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. Et alors que
vous étiez au bord d'un abîme de Feu, c'est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi
Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés. » (Coran, 3 : 103). Quand ils entendirent
le Messager (bénédiction et salut soient sur lui) réciter ce verset, ils regrettèrent
leur comportement, se réconcilièrent s’embrassèrent et déposèrent ces armes.
Quatrièmement, l’Islam ne s’oppose pas à ce que l’on aime sa
patrie où l’on a vécu. Ce qui est réprouvé, c’est de faire du patriotisme
le fondement de l’alliance et du rejet. C’est d’aimer et de haïr sur cette
base car il n’est pas dit que tout compatriote est nécessairement plus proche
de vous qu’un musulman étranger. Le fondement de l’alliance ou la rupture
ne doit pas être l’appartenance commune à une patrie ou son absence. Car l’alliance
et la rupture, comme l’amitié et l’hostilité, doit être fondé sur l’Islam
et la piété.
Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) aimait La Mecque
qui demeure le territoire préférée d’Allah. Cependant le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) ne pouvait pas aimer les habitants mécréants de cette
cité. Bien au contraire, ils les combattirent quand ils combattaient les musulmans.
Ni lui ni ses compagnons n’étaient prêts à faire passer leur amour pour La
Mecque avant l’exécution de la loi d’Allah Très Haut. Et quand Celui-ci interdit
aux Immigrés venus de La Mecque le retour à cette localité pour d’autres choses
que pour y accomplir des rites islamiques et y séjourner trois jours après
les rites, ils s’en contentèrent et ne voulurent jamais rester plus long temps.
Leur amour pour La Mecque ne les poussa pas à se rebeller contre Allah ni
à commettre des actes plus graves.
Aujourd’hui, on voit que le chauvinisme a atteint une ampleur
importante. De sorte qu’on se livre à des scènes entachées de polythéisme
au nom de la patrie. C’est ainsi qu’on salue le drapeau, symbole de la patrie,
et pour ce faire, on s’arrête révérencieusement (avec une application) dont
on ne fait pas preuve même dans les prières quand on se tient debout devant
leur Maître Béni et Très Haut.
Cinquièmement, l’usage
d’un passeport est sans rapport avec les pratiques antéislamiques et il ne
relève pas du chauvinisme. Car il vise à faire connaître le titulaire et son
pays. Et s’il arrive que certaines personnes brandissent leurs passeports
en guise de fierté ou d’orgueil ou pour exprimer leur patriotisme, leur geste
serait reprouvé.
Sixièmement, nous avons évoqué l’amour que le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) avait pour La Mecque et sa préférence pour l’obéissance
à son Maître. A ce propos Ibn Abbas, a rapporté que le Messager (bénédiction
et salut soient sur lui) s’était adressé à La Mecque en ces termes :
« Quelle belle cité ! Que je t’aime ! Si tes habitants ne m’avait
pas expulsé, je n’habiterais jamais ailleurs » (rapporté par at-Trimidhi
(3926) et déclaré authentique par at-Trimidhi et par al-Albani dans Sahih
al-djami’5536).
Vous pouvez constater
la même attitude chez les compagnons et chez ceux venus juste après eux si
vous consultez leurs biographies Il semble que l’amour que le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) et ses compagnons nourrissaient à l’égard de La Mecque
était dû au fait que cette cité demeure celle qu’Allah préfère à toutes les
autres, comme cela s’atteste dans cette autre version du hadith rapporté par
at-Trimidhi (n° 3925) : « Certes, tu es le meilleur territoire pour
Allah, celui qu’il préfère à toutes les autres parties de la terre »
(déclaré authentique par Ibn Hadjar).
L’amour naturel que l’on
nourrit à l’égard de son lieu de naissance n’est pas désapprouvé par la loi
religieuse, à moins qu’il nous détourne de pratiques cultuelles prioritaires.
Voilà pourquoi on a vu des compagnons immigrés (mecquois) et Ansar (médinois)
quitter leur pays d’origine pour aller répandre l’appel de l’Islam dans les
pays. Leur départ était pour eux le moyen d’atteindre des fins et de réaliser
des objectifs plus nobles qu’un simple attachement à la terre et à des édifices.
Allah le sait mieux.